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QUIVALA est né au départ d'une envie commune entre Prisca Harsch et Pascal Gravat de réunir différentes personnes autour d'un projet. Nous proposons un cadre ou un thème, et nous laissons la liberté à chacun de s'y inscrire. Il s'agit pour nous de prendre un certain recul vis-à-vis de l'acte de création par le choix de la multiplicité avec ainsi l'impossibilité d'imposer.
QUIVALA est une sorte de plate-forme de réflexion.
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| Because I love |
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Créé le 28 février 2007 à l'ADC de Genève
Conception du projet, mise en scène, chorégraphie : Prisca Harsch, Pascal Gravat
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« Danseurs de métier, les Franco-Genevois Prisca Harsch et Pascal Gravat ont imaginé à Genève un spectacle tout en interférences, piochant chez le cinéaste japonais Kurosawa, Shakespeare, Virginia Woolf, Gustav Mahler de quoi supporter l'amertume que l'amour laisse presque toujours au petit matin. »
Alexandre Demidoff, ( Le Temps, 9/03/07)
Production : ADC-Association pour la danse contemporaine - Genève
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| Hapax |
Création au Grü / Houmpel à l'ADC Genève du 13 au 24 février 2008
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« Hapax », titre générique d'une série d'autoportrait fictionnel adaptée de la pièce « Blessures au visage » d'Howard Barker et de la partition de souffles « Atemzüge » de Dieter Schnebel.
Ces pièces ont en commun d'être écrite pour un interprète et d'avoir une scénographie modulable signée par le plasticien Alexandre Bianchini, composée de pans de murs et de miroirs délimitant un espace (boite fermée, boite ouverte, boite béante etc.) pouvant servir aussi d'écrans et permettant un jeu de projection fragmentée. Cette scénographie s'inspire de la peinture de Bacon qui place ses personnages dans un espace théâtral, des sortes de boîtes ouvertes, voire béantes. Le sentiment qui s'en dégage est alors, une sorte de capture du temps, une saisie de l'instant qui rend les personnages extrêmement présents.
Hapax ;portrait poétique se jouant soi-même, se glissant dans l'autre, dans l'allégorique, dans le fabuleux, se jouant de la réalité comme de la fiction. L'un des thèmes déployé ici est le rapport difficile que l'être humain entretien avec lui-même, avec son reflet, avec son visage (Blessures au visage), avec aussi sa généalogie.
La réflexion sur le regard et sur le visage occupe une place centrale dans ce projet. L'oil, point focal du visage, est au cour de toute la théorie de la réception telle qu'on en trouve des échos dans Blessures au visage, il est aussi ce qui détermine toute entreprise théâtrale : le théâtre, par étymologie, est le lieu où l'on donne à voir. L'être n'est pas, n'advient pas, sans un regard qui le rend visible. Merleau-Ponty.
Dépourvues de toute dimension psychologique, ces pièces météores ne cherchent pas à exprimer la chose réelle, mais tendent si l'on peut dire- à capturer la réalité de la chose, son existence même. Décortiquer la chose pour n'en garder que la réalité nue ses « réalités intérieures » sa subjectivité qui fait alors appel à tous les sens y compris l'imagination. Nous tentons d'inventer un espace où le spectateur pourrait avoir une liberté d'interprétation individuelle, propre à lui-même.
Certains « Hapax » sont autobiographiques, ils s'inspirent de fait réel tout en les déjouant au profit de la fiction, il ne s'agit donc pas de portrait véridique, la scène est sans doute un des domaines où la vérité (d'après l'historien ou le biographe) n'existe pas ou du moins elle n'a que peut d'intérêt. Toute l'affaire serait plutôt un miasme, une sorte de mirage. Mêlant le réel au fictif, je flottais dans un monde d'images » (Bosco).
Chaque solo porte un sous-titre signant sa singularité et ponctuant aussi l'ensemble du projet à la façon d'un recueil. Certains éléments les rapprochant apparaissent parfois au second plan, comme une trame cachée, parfois au contraire ils se révèlent pleinement. Quelquefois le texte des blessures est le point central, d'autre fois, caché, il fait seulement écho à la proposition et contribue à ouvrir le sens, idem pour les souffles de Dieter Schnebel, qui peuvent ne se révéler qu'en toile de fond sonore ou qui s'invitent alors, comme une bouffée sur le plateau pour s'emparer de l'espace.
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« Hapax1 -Premièrement : s'aimer soi-même- »
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Créé en juin 2007 au au théâtre du Grütli - Genève Réadaptation en mars 2008 au théâtre du Grütli - Genève
Le premier de la série Hapax1 -Premièrement : s'aimer soi-même- a été élaboré et présenté une fois au théâtre du Grütli en juin 07 lors d'une résidence avec le collectif2. Le projet initialement prévu pour un interprète a été créé pour trois comédiennes, le premier tableau des Blessures au visage (monologue) y est au premier plan. Cette proposition inspirée des études de la tête humaine de Francis Bacon, invite le spectateur à plonger dans l'intimité dénudée d'une femme en guerre contre son visage qu'elle refuse et qu'elle combat obstinément. Les mots alors ne sont plus que le prolongement de son corps livrant cette bataille sans issue. Aussi distincte de l'abstrait que de l'illustratif, nous proposons avec cette pièce de placer le spectateur au cour des mots, nous lui proposons une pleine participation, il pourrait dire en sortant que « c'est comme si on y était, voire même qu'on y était » (pas seulement devant). « Hapax1 -Premièrement : s'aimer soi-même- » sera réadaptée pour une interprète en tenant compte du concept des Hapax et présentée en mars 2008 au théâtre du Grütli en tant qu'artistes associés.
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"Hapax2 -Humpeli-" (petite boiteuse)
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Portrait d'une boiteuse en boîte
Il y a trente ans, elle a tiré sur son amant. Aujourd'hui, «Humpeli» se retrouve au cour d'une création signée Prisca, Robin Harsch et Pascal Gravat qui interroge la mémoire sous une forme éclatée.
Bang
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Humpeli, la petite boîteuse. C'est le nom, affectueux ou presque, que donnait le grand-père de Prisca Harsch à sa grand-mère. Façon d'évoquer la démarche de l'aïeule en effet altérée depuis l'enfance par un problème à la hanche. Manière aussi de restituer le rapport de Pygmalion que cet intellectuel berlinois embrasé, entretenait avec cette fille de commerçant bernois, volée à la quiétude d'Aarbeg et emmenée dans le monde fascinant, mais vacillant des idées. Humpeli, c'est aussi le titre du spectacle imaginé par Prisca , Robin Harsch et Pascal Gravat où danse, son et cinéma, interrogent le parcours accidenté de cette figure familiale en quête d'équilibre.
Madame Cathoud a aujourd'hui 88 ans. Elle se raconte volontiers, mais ne sera pas en direct sur la scène de l'adc. Trop de fatigue, peur de se tromper. En revanche, elle était bien présente à l'aéroport d'Athènes, ce jour de 1970 où elle a tiré sur son amant retourné au pays en compagnie d'une rivale honnie. Le don juan grec est mort lors de l'assaut et Humpeli a, dit-on, tenté de retourner l'arme contre elle. Mais il était trop tôt. Elle devait encore connaître une foule d'événements dont ce portrait singulier réalisé par ses petits enfants. «Il ne s'agit pas d'un documentaire linéaire, mais d'une sorte de laboratoire du souvenir», explique Prisca Harsch. «J'apparaîtrai dans un cube en tubulaire rempli d'écrans, de micro et de téléviseurs comme un alchimiste devant ses fourneaux, et l'interview de ma grand-mère réalisé par mon frère Robin sera sans cesse trafiqué, images et son, pour aller du côté de la fiction.» Quant à la danseuse elle-même, elle explorera, en lien avec ces éléments indirects, une «danse très directe, faite de sensations et d'énergie, exactement comme dans la logique du rêve ou de la possession.»
Les tubulaires rappellent aussi la prison où Madame Cathoud a vécu cinq années dans de bonnes conditions. «Comme étrangère accusée d'un crime passionnel, elle bénéficiait d'un régime de faveur. Et le plus fort, c'est qu'ici, à Genève, où elle travaillait à l'Hôtel du Rhône, personne n'a condamné son geste. Au contraire, le soutien était entier.» Du reste, à l'époque de sa détention, la prisonnière se disait «en pension» et aujourd'hui encore, ne semble traumatisée ni par son geste, ni par les conséquences qu'il a entraînées. «Oui, il y a eu une sorte de banalisation», confirme Prisca. «De sorte que le portrait ne sera pas accablant. Il s'agit plutôt de voir comment cette affaire agit sur l'imaginaire et permet un éclatement de points de vue et de traitements.»
Marie-Pierre Genecand
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« Hapax3 - le double du dictateur »
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Création en mars 2008 au théâtre du Grütli - Genève
Cette proposition reprend le texte de Barker, (le double du dictateur face à des affiches du dictateur déchu et s'étonnant de leur ressemblance) et propose une installation sonore avec Pierre-Alexandre Lampert en chef d'orchestre, manipulant et disposant des accessoires permettant la diffusion de sons.
Il va s'agir d'éclater le sens, de jouer au jeu des associations, de désordonné pour mieux ressentir, de brouiller les pistes et permettre aux spectateurs de s'abandonner de façon active au tourbillon du sens, de désapprendre en quelque sorte.
L'intérêt du son est sa faculté a créé du sens, le son produit des images, et évoque une multitude de sensations.
Cette partition, à bout de souffle, sera rejointe par une dizaine de figurants représentant le dictateur et le démultipliant
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« Hapax4 -Après la catastrophe- »
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Création en mars 2008 au théâtre du Grütli – Genève
Solo interprété par Pascal Gravat
Ce solo emprunte également les mots de Barker et les fait se rejoindre à sa condition d’homme gravas.
Ce solo sous les décombres se joue aussi de la réalité et de la fiction En poète rescapé n’ayant que peut d’intérêt pour la vérité et encore moins de respect pour elle, il délire sur des mots, se dédouble à son tour, s’invente des vies possibles.
Là encore, il va s’agir de déconstruction, la pièce devient l’objet de toutes les déconstructions, dans sa narrativité et dans sa linéarité tant au niveau de la structure globale de la pièce qu’au niveau de la microstructure de la phrase. À mesure que la pièce se déconstruit, elle semble se reconstituer mais sur un autre mode narratif, une sorte de poésie pour la scène.
Dans un premier temps, nous cherchons à isoler le spectateur de son mode de référence dans le dessein de faire jaillir un sens neuf,» l’expérience de l’absence de sens ». Nous le privons de tout ce à quoi il peut se raccrocher : un espace identifiable, un temps reconnaissable, un personnage psychologiquement validable, nous bousculons alors, les modalités du voir et de l’entendre et nous tentons d’introduire la sensation et sa charge nerveuse.
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2007 Premièrement :s'aimer soi-même d'après Blessures au visage d'Howard Barker
2007 Because I Love
2006 Jusqu'où on n'ose plus aller voir (création Ballet Junior)
2005 : Odipe roi de Sophocle, traduction de Jean et Mayotte Bollack (Théâtre)
2004 : Vaisseaux brûlés (Danse-Théâtre)
2003 Hara-Kiri (création Ballet Junior)
2003 La pièce ou la personne (Danse-Théâtre)
2002 Rôle-titre (création Ballet Junior de Genève) (Danse-Théâtre)
2002 L'homme traversé d'après Roméo et Juliette, Hamlet, Richard III de William Shakespeare (Théâtre)
2001 : Saturne
2000 : Fictions (Danse-Théâtre)
1999 : A des moments différents (Danse)
1997 : La nuit remue d'après la nouvelle d'Henri Michaux (Danse)
1996 : L'amour de la fille et du garçon d'après la nouvelle de Charles Ferdinand Ramuz (Danse)
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Le groupe Quivala a reçu l'aide de la Fondation Beaumarchais (1997) et de la Fondation de France (2000). Il a été également en résidence à Bagnolet (1998) et au Forum culturel du Blanc-Mesnil (2000 à 2002). Prix de la Fondation Lieitchi pour l'art(2003). Lauréats de la Villa Médicis hors les murs (1999).
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Prisca Harsch
Prisca Harsch est née le 25 juin 1969 à Genève.
Formée à l’école de danse de Genève dirigée par Béatrix Consuelo.
En 1988, elle est engagée au sein du Béjart Ballet Lausanne que dirige Maurice Béjart. Elle participe à toutes les créations, reprises et tournées de la compagnie.
En 1991, elle rejoint la Danse indépendante romande (Nomade, Serge Campardon, Vertical Danse Noémi Lapzeson, Diane Decker), puis part compléter sa formation en Danse Contemporaine à Paris (Peter Goss, Ruth Barns).
La même année, elle est engagée au Centre Chorégraphique de Grenoble chez Jean-Claude Gallotta où elle rencontre Pascal Gravat interprète du Groupe Emile Dubois depuis sa fondation.
Durant 5 ans, elle participe à toutes les créations, reprises, captations vidéo et tournées du groupe Emile Dubois.
En 1996 elle s’installe à Paris et fonde avec Pascal Gravat le Groupe Quivala.
En l’an 2000 après avoir séjourné à New York grâce à l’obtention d’une Bourse de création de la Villa Médicis Hors les murs, ils déménagent la Cie à Genève.
Depuis, elle alterne entre les créations et tournées du groupe Quivala et les projets occasionnels en tant qu’interprète (Danse ou Théâtre).
AU DEHORS DE QUIVALA
1988/90 Béjart ballet Lausanne
1990 Compagnie Nomade /Serge Campardon Florence Faure
1991 Verticale danse /Le rire/ Diane Decker
1991/95 Groupe Émile Dubois, direction Jean-Claude Gallotta
1996 Squares Cie Cré-ange
2001 Turbulences :compagnie Fabienne Abramovitch
2001 Projet 8/8 avec Foofwa D’immobilité
2003 HLM Cie demain on change de nom
2005 plein soleil de Vincent Coppey
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Pascal Gravat
Pascal Gravat est né le 24 décembre 1956 à Limoges
Après avoir terminé ses études à Grenoble et sans trop savoir où et comment se diriger, En 1979 il rencontre par hasard Jean-Claude Gallotta à l’occasion d’un stage donné à la maison de la culture de Grenoble.
Gallota l’invite à prendre des cours régulièrement au sein du groupe Emile Dubois qu’il est en train de fonder. Au bout d’un an, après avoir assisté aux répétitions, puis aidé à la régie, il est enfin engagé comme danseur. Dès lors il participe pleinement à l’aventure formidable du Groupe Emile Dubois.
Pendant près de 15 ans, les projets du groupe se succèdent ; créations, tournées, captations vidéo, fictions cinématographiques, production d’albums.
En 1993 après la tournée de Don Juan dont il interprète le rôle-titre, la Cie décide de reprendre certaines pièces de son répertoire. La boucle est bouclée.
Il s’installe à Paris, poursuit une formation théâtrale et commence dans les vestiaires de la ménagerie de verre une ébauche de L’amour de la fille et du garçon qui prendra sa forme finale avec la collaboration de Prisca Harsch et verra le jour dans le cadre des premiers « inaccoutumés » organisé par Marie-Thérèse Allier en 1996.
En 1999 il obtient la bourse de la villa Médicis « hors les murs » pour séjourner 4 mois à New York.
Depuis, après avoir déménagé à Genève, il alterne entre les créations et tournées Quivala, et les projets occasionnels en tant qu’interprète
AU DEHORS DE QUIVALA
1979 1993 rencontre avec Gallotta…
1988 Vidéo « solo », réalisation de Pascal Gravat.
1992 B.O. du spectacle Don Juan mis en scène Jean-Claude Gallotta, Groupe Local
1993 Carnets de voyage vidéo de Pascal Gravat
1994 Aimées, Cie Charles Cré-ange
1995 Squares, Cie Charles Cré-ange.
2002 Médias Vice-Versa Cie Foofwa D’immobilité
2003 Elle est là de Nathalie Sarraute mis en scène de Lorenzo Malaguerra
2004 L’enfant et les sortilèges de Colette mis en scène Laura Tanner
2005 Œdipe roi de Sophocle mis en scène Prisca harsch
2005 Plein soleil de Vin cent Coppey
2006 La Cerisaie de Tchekhov
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Because I love
Le Temps, par Alexandre Demidoff, le 9 mars 2007
« Sept acteurs brillent à Genève dans un vertigineux guêpier amoureux. Phèdre côtoie une érotomane notoire et on en redemande. »
Des mots d'amour à tous les coins de la nuit. Des baisers de cinéma. Des orages de tragédie. Des abois de molosse. Des peurs d'amants fouettés par la pluie. A la sortie de Because I love, nouvelle création du couple Prisca Harsch et Pascal Gravat, il y a de la rosée dans les yeux et comme un courant d'intelligence qui parcourt l'échine.
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L'Homme traversé
Le Monde, par Rosita Boisseau, le 1er octobre 2004
(…) « Cet être secoué par des mouvements qui le consument, Pascal Gravat l’incarne avec une miraculeuse urgence dans « L’homme traversé » (…)
Libération, par Maïa Bouteillet, le 2 novembre 2001
« (.) C'est par sa fragilité même que la proposition vaut (.), par l'émotion au bord de ces yeux et ces lèvres tremblantes, par cette voix qui échappe et se brise sur le fil, par cette mise à nu de la difficulté extrême du comédien. Un aveu d'impuissance qui révèle finalement la qualité d'une présence. »
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Saturne
Le Courrier, Genève, le 31 janvier 2002 « L'un après l'autre, les quatre danseurs de la cie genevoise Quivala viennent se raconter au milieu des chaises éparpillées où se trouve le public. Pas de face à face/gradins dans « Saturne », un spectacle qui raconte l'intime autant qu'il le joue. Ces quatre « moi » sont-ils réels ou confectionnés pour la scène ? Une question qui taraude le spectateur, car chacun des personnages réussit à l'embarquer sur le navire de son histoire, mine de rien. (.) Un spectacle à expérimenter. »
Le Courrier, Genève, 1 er février 2002 « Un joli spectacle de danse qui joue sur le fil de la confession et de la fiction. »
Le Temps, Genève, 1 er février 2002 « Saturne est, et c'est ce qui rend le spectacle passionnant, une forme d'expériences partageable, une invitation au flou troublante.»
Caroline Coutau, Genève
« La compagnie Quivala signe avec Saturne une forme d’ »intimité spectaculaire » - pour reprendre leur terme-, qui n’a rien à voir avec le reality show et tout avec la magie du théâtre. Lumineux. »
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Vaisseaux brûlés Vaisseaux brûlés
Attentions à la chute
Michelle Pralong:
Le plus important, pour le groupe Quivala, ce n'est pas de savoir sur quoi travailler, mais avec qui.
Pascal et Prisca :
Le sens de cette phrase laisse à penser que nous sommes à la recherche d'interprètes de partenaires. Nous n'avons jamais démarché dans ce sens, nos pièces précédentes continuent à questionner les suivantes et ce terrain de réflexions nous conduit à rencontrer des artistes curieux des mêmes problématiques qui concernent les arts de la scène et ayant le désir de partager une aventure collective dont ces questions seraient le fondement, "le quoi"
Michelle Pralong :
Chaque spectacle est autant une aventure artistique qu'une aventure humaine. Tant pis si la remarque fleure le lieu commun, elle est ici essentielle : ce qui fonde réellement la création au sein de Quivala, c'est la réunion d'artistes de différents bords prêts à tous les possibles. Autour de Pascal Gravat et Prisca Harsch, les fondateurs et permanents du groupe, on trouve pour Vaisseaux brûlés quatre artistes installés à Genève. José Lillo, Robin Harsch, Barbara Schlittler et Laurent Valdès. Dire que l'un est metteur en scène, l'autre cinéaste, danseur ou éclairagiste contredirait la dynamique dans laquelle ce collectif est engagé, et qui veut que personne n'occupe un statut déterminé.
Au point où il en est, après sept ans et neufs créations, Se définissant comme « une plate-forme d'exploration », Quivala renonce également au thème, aux règles du jeu ou aux contraintes structurelles. Aucune volonté de forme ou de fond ne préexiste à la rencontre du groupe en studio.
Pascal et Prisca
Il n'y a aucun renoncement. Nous ne faisons pas d'anti-spectacle le thème ou le nerf se dégage lors du processus, bien que souvent il soit déjà présent avant même la rencontre, chacun d'ailleurs portant en lui ces questionnements. Nous travaillons un espace qui inclut l'ignorance, le doute, et les projections hypothétiques. La structure nous est indispensable pour rendre possible le fond, elle n'intervient pas en tant que concept, les regles s'établissent pas à pas, en fonction de la nature de la pièce qui elle au demeurant se situe en amont, sur ce chemin du doute , ce champs des possibles.
Michelle Pralong :
Mais alors qu'est-ce qui fait démarrer le travail ?
Pascal et Prisca.
Là encore, la réponse est en amont, elle est dans cet état d'incertitude, parfois des mots, des expressions servent de moteur à l'émergence d'une structure , d'ailleurs idées, (idea) en grec signifie forme donc paraître.
Michelle Pralong:
Prisca Harsch : Pour Vaisseaux brûlés, par exemple, on a pu partir d'expressions comme « saisir l'occasion ». De là on est arrivé à cadere et à la question de la chute, devenue récurrente. Il faut préciser aussi que nous avons vécu ensemble l'an dernier une expérience de travail artistique dans un hôpital psychiatrique. Il en est resté un rapport à l'élan de l'art brut, à ce qu'est une « expérience pour voir ». Ce ne sera pas un spectacle sur l'art brut, loin de là, mais il y a dans ce mode de production artistique quelque chose qui nous questionne en ce moment. C'est comme une leçon contre le préjugé que nous aurions pris ensemble. » C'est d'ailleurs peut-être bien ce qui caractérise le mieux ce groupe dont le travail de défrichage est cardinal : Le refus de tout préjugé sur ce qu'est un spectacle, donc la mise en cause des statuts d'interprète et de spectateur, le taraudage des règles de narration et des codes de danse-je.
Pascal et Prisca:
Chaque époque a son lot de codes qui remplacent et détruisent les plus anciens, nous, nous flirtons avec ces règles en les questionnant. Nous ne sommes pas contre les rituels qui parfois contextualisent la représentation comme un moment extraordinaire, hors du temps, suspendu.
Michelle Pralong:
Précisons encore que Quivala a l'insolence gaie et toujours un réel souci de lisibilité de l'objet présenté. L'héroïsme de l'être sur scène
On reproche parfois à Pascal Gravat et Prisca Harsch de chercher à casser leur image sur scène. Reproche de spectateurs nostalgiques de la virtuosité qu'ils déployaient notamment lorsque tous deux dansaient dans le groupe Emile Dubois de Gallotta. Casser n'est pas le mot, épondent-ils : ce qu'ils veulent, c'est affiner cette image, chercher une autre présence scénique.
Pascal et Prisca :
Nous ne travaillons pas à proprement parlé sur notre image. Nous cherchons à faire entendre un peu de ce qui n'est pas dit, de ce qui n'est pas vu, d'aller chercher dans le non clair. Remuer l'invisible, le rendre sensible. Souvent , il nous fait aller contre nous-mêmes, mais cet effort nous oblige à cristalliser l'acte d'être en scène et à prendrevéritablement conscience de l'être là.
Michelle Pralong :
« Il y a de l'héroïsme à être sur scène, explique Pascal Gravat. C'est le lieu de toutes les libertés mais aussi de tous les dangers. Je nous vois un peu comme des chevaliers d'antan réunis là pour chercher quelque chose. Cette forme de dénouement de ce que nous savons faire nous intéresse. De même, ce qui importe dans une improvisation, c'est le moment où l'on ne sait plus quoi dire, plus quoi faire.
Pascal :
J'ai l'impression qu'aujourd'hui, la notion d'improvisation a été laminée, usée, un peu comme le boléro à cause de ces chorégraphes qui l'ont tué, donc il vaudrait mieux laisser se reposer un temps ce mot qu'est l'improvisation, une cinquantaine d'années... On se trouve là face à son propre chaos et il faut le matérialiser, l'affronter. C'est la situation d'Odipe, personnage sur qui nous travaillons actuellement en parallèle à Vaisseaux brûlés pour un prochain spectacle. Il faut à chaque fois repartir de zéro, se demander d'où l'on vient, qui l'on est. Cette innocence radicale est à la fois une angoisse et un moteur. »
Michelle Pralong :
Et pour preuve de leur ennui face au savoir-faire, Quivala a constitué pour Vaisseaux brûlés une formation de rock. Clavier, guitare électrique, basse, batterie, saxophone et voix : autant de pupitres tenus à tour de rôle par des interprètes qui ne connaissent pas la musique.
Poser les armes. D'autres pistes au sujet de Vaisseaux brûlés ? Une poignée d'expressions comme : « à la recherche d'une chorégraphie perdue» , « poser les armes » ou « une danse qui irait plus vite que le cerveau. »
Pascal :
Je préfère retirer ces deux phrases qui à l'oreille comme ça sont séduisantes, mais une fois écrit me semble prétentieuse.
Michelle Pralong :
Et cet indice de Pascal Gravat sur la lumière : « On s'est beaucoup exposé dans les trois derniers spectacles. Cette fois-ci, on va tenter la sous-exposition. Ce qui signifie aussi qu'on va chercher à créer d'entrée de jeu pour le spectateur une situation de réceptivité très intense, très forte. »
Michèle Pralong:
Conception, interprétation : Prisca Harsch, Schlittler Barbara, José Lillo, Robin Harsch, Laurent Valdés, Pascal Gravat.
Lumières : Laurent Valdés.
Sons : François Dubos
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| Site de la compagnie : http://www.quivala.org |
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