Myriam Gourfink - LOL
         
Site de la compagnie : http://www.myriam-gourfink.com
Révélant des implications à l'infini, ouvrant des horizons qui s'échappent un peu plus loin chaque fois qu'on s'en approche, mais se présentant pourtant dans une relation de grande fixité et proximité, l'entreprise de Myriam Gourfink semble se situer dans un ailleurs-- vraisemblablement un état avancé, espère-t-on -- destiné à ne rencontrer qu'en un temps futur éventuel, des formes de sensibilité encore en gestation.
Gérard MAYEN in Mouvement, 24-02-2004

 
Déperdition (création 2013)
Ecriture de la partition chorégraphique : Myriam Gourfink
Danseurs : Clément Aubert, Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Kevin Jean, Deborah Lary, Julie Salgues, Françoise Rognerud, Nina Santes, Véronique Weil
Composition et live-electronics: Kasper T. Toeplitz
Contrebasse : Bruno Chevillon
Lumières : Séverine Rième
Régie technique et mise en son : Zakariyya Cammoun

       
Un groupe de dix danseurs dont les corps s'entremêlent et se confondent pour former une masse ; une masse qui se déplace et se transforme sans l'idée de progression dans l'espace d'un point à un autre, comme une substance qui se répand en un mouvement élastique, qui par endroits se rétracte ou se dilate. De l'enchevêtrement des dix corps, naissent des formes inattendues, qui, toujours en mutation, à peine formées se déforment. Sur le plateau la danse et la musique occupent le même espace, matérialisé par la présence des musiciens, de leurs instruments et par l'implantation des hauts parleurs.

 
Araneïde (création 2013)
Chorégraphie : Myriam Gourfink
Trapèze : Clémence Coconnier
Musique : Kasper T.Toeplitz
       
« La rencontre avec Clémence est très inspirante, car l'expérimentation de la pression de l'air me semble être le point de rencontre entre nos deux médiums la danse et le trapèze. J'ai pu sentir que cette pression est d'autant plus palpable lorsque je réduis les surfaces d'appuis et lorsque l'axe médian du corps évite d'épouser l'axe de la gravité : le trapèze offrant cette surface réduite, et permettant au corps de voyager également sous la zone d'appui, permettrait de multiplier les axes diagonales hautes, diagonales basses et d'ouvrir un champ d'exploration inexploité par la danse au sol. Grâce au trapèze ce qui serait donné à voir, ce sont les lentes évolutions d'un corps porté par l'air. Une possibilité serait la disparition totale de l'objet, de le rendre transparent afin d'offrir au public la magie d'un corps en lévitation. »

Myriam Gourfink
 
Une lente mastication (création 2012)
Chorégraphie : Myriam Gourfink
Musique : Kasper T.Tœplitz
Danseurs : Clément Aubert, Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Kevin Jean, Déborah Lary, Julie Salgues, Françoise Rognerud, Nina Santes, Véronique Weil.
Régie technique: Zakariyya Cammoun
Lumières : Séverine Rième
Coproduction : Théâtre de Gennevilliers, centre dramatique national de création contemporaine, Association LOLDANSE.
Avec le soutien de la Ménagerie de Verre dans le cadre des studiolab. L'Association
     
« Exploratrice du moléculaire, Myriam Gourfink réfléchit au mouvement qui précède les gestes, à la circulation de l'énergie et la grammaire qui la fonde. Le temps se diffracte et impose la scansion d'une nouvelle dimension physique et esthétique. Et c'est cette sinuosité même qui ouvre à de nouveaux protocoles, à cette enquête presque scientifique du vivant, en tout cas dont l'exigence irrigue la scène de cette précision moléculaire. Ainsi de la nouvelle pièce de Myriam Gourfink, continuité d'un travail entamé il y a quinze ans, quelque chose revenu aux racines du mouvement mais plus encore, peut-être, à la chimie de ce mouvement. Depuis longtemps la chorégraphe a trouvé dans le yoga la grammaire de sa recherche : le souffle, la concentration, la sensation, qui serviront à l'écriture de la danse, mais aussi à sa mastication-digestion par les danseurs. Aussi ce qu'on perçoit, nous spectateurs, c'est ce même circuit nanométrique qui mène de l'énergie la plus vitale à la formation du geste. De là que ce n'est pas tant la lenteur qui caractérise les pièces de Myriam Gourfink que la diffraction même du temps, comme un saut quantique qui ouvrirait aux secrets de la matière. En quelque sorte, il se passe quelque chose d'énorme à l'intérieur des corps, et c'est cela, ce mouvement sismique qui soudain se montre dans les variations écrites de la danse, très écrites même, et comme rendues plus visibles encore par la musique de Kasper Tœplitz – non, pas la musique: la matière sonore, organique elle aussi, nappes flottantes qui augmentent à leur tour la folie exploratoire de la sensualité jusqu'à, donc, la saveur de la mastication. Après tout, de quoi relèverait l'intensité d'un art vivant, a fortiori d'un art «corporel», si ce n'était de cette attention démultipliée à l'épaisseur de nos sens, à la capacité surtout qu'ils ont de recevoir et traduire ce «quelque chose » qu'à toutes forces nous essayons de partager: une expérience de nous? »
Tanguy Viel
 
Bestiole
Chorégraphie : Myriam Gourfink
Création d'une musique pour lumières: Kasper Toeplitz
Création lumière : Séverine Rième
Danse : Clémence Coconnier, Cécile Debyser, Carole Garriga, Déborah Lary, Françoise Rognerud, Julie Salgues, Véronique Weil
Régie technique : Zakariyya Cammoun
Costumes : studio B3
Prêt de studio : Centre national de la danse - Pantin
Partenaires : CECN de Mons et l'Espace Pasolini à Valenciennes.
     
« Pour Bestiole je serai installée sur le plateau afin d'écrire et envoyer en temps réel des partitions chorégraphiques sur des écrans suspendus. Pour cela j'ai pré-déterminé d'une part des ensembles de « sous-actions » qui sont des éléments qui viennent stimuler le travail articulaire pour donner aux danseuses volume, fluidité et force d'expression ; et d'autres part des ensembles d'actions qui viennent construire une architecture en mouvement. En temps réel je puise un certains nombres d'éléments dans ces ensembles pour composer la danse en fonction de mes observations et de ce que je ressens sur le vif. J'espère ainsi amener les interprètes dans des univers étranges aux bords des mondes humain, animal, végétal, ou minéral. L'architecture globale procède de l'écosystème. Le public est invité dans un rapport de proximité à ressentir l'évolution des créatures. Kasper T.Toeplitz compose une musique quasi silencieuse pour un dispositif lumière, alors que Séverine Rième éclaire les bestioles ! »
Myriam Gourfink
 
The monster which never breathes (2011)
Conception, composition et informatique live: Kasper T. Toeplitz
Chorégraphie et danse : Myriam Gourfink
Orgue Cavaillé-Coll : Eva Darracq-Antesberger
Régie son: Zak Cammoun
     
Une longue expiration, quasi-infinie, une coulée lente et comme arrêtée bien qu'en mouvement constant, pleine de miroitements, d'oscillations et de changements de vitesses. Superpositions de multiples plans, couches et niveaux de perception enchevêtrés, ce monstre qui ne respire jamais, l'orgue, n'est pas dans une temporalité unique ou en arrêt, et son apparent temps lisse est le résultat de ces croisements de vitesses, des réminiscences ou de faux effets de mémoire semblables aux phénomènes acoustiques, aux réflexions sonores sur les murs qui font entendre ce qui n'est pas.
Bien que fort de 2573 tuyaux, pour produire cet énorme souffle ininterrompu l'orgue s'associe à l'informatique, et cette hybridation, faite dans l'instant même du concert, en temps-réel, permet au monstre ainsi créé de jouer les notes entre les notes, les micros-tons, mais également d'accroître son emprise sur le temps, sur la polyphonie; les jeux de l'air et de l'électricité.
Et, au-delà du sonore, ce souffle se prolonge dans un unique geste chorégraphique, lente traversée diagonale, contrepoint silencieux aux voix multiples qui se donne à voir par en dessous, une danse au sol vue en contre-plongée, qui par ses mouvements de lenteurs modifie les résonances de l'orgue. Mais la danse, calée sur ses respirations, cède le pas, dans un mouvement d'abandon, tandis que monstre hybridé par son double digital, encore plus monstrueux que lui-même, n'a que faire de respirer, tout entier à son souffle

"The Monster which never Breathes" a été crée le 12 septembre 2010 à l'Abbaye de Royaumont
La durée de la pièce est d'environ 46 minutes
La pièce est une commande de la Fondation Royaumont
 
Choisir le moment de la morsure (2010)
Durée : 50 minutes
Chorégraphie : Myriam Gourfink
Interprétation : Myriam Gourfink, Déborah Lary, Cindy Van Acker
Musique : Kasper T. Toeplitz
Lumière : Séverine Rième
Costumes : Kova
Régie technique : Zakariyya Cammoun
     
Choisir le moment de la morsure : dans ce titre aux accents charnels résonne la tension de l'attente, l'étirement d'un moment sans cesse différé ; les sensations qu'éveillent la bouche, l'attirance animale vers l'autre, où se lient dans un même geste baiser et morsure. Cette création conjugue l'ivresse du désir aux combinatoires d'une série de partitions qui s'entrecroisent. Un jeu mathématique, où la pulsion vient s'inscrire dans les segments d'un espace balisé, où éros et logos s'enserrent mutuellement. Trois écritures pour trois corps en voie d'entrelacement, dont les singularités cherchent à s'accorder, à former une même entité, un « corps commun » parcouru de lignes de failles. Dans les écarts, les passages de niveaux, d'intensités, les glissements de l'horizontal et du vertical, se dévoilent des volumes, agencements abstraits en constante transformation.

Une composition qui se tend, s'étend, dilate les temporalités, joue des surfaces et des reliefs de la peau. Chaque corps est un point, une note qui vibre avec les autres telle une harmonique, un contrepoint spatial sculptant le regard. Reliées entre elles par des fils secrets, maintenues à la lisière du contact par d'infimes gestes, leurs silhouettes se déplacent selon des coordonnées fugitives. La musique les soutient comme un battement, une pulsation qui matérialise et révèle des dimensions invisibles, le lieu de partage des fluides et des respirations. Insistant à l'intérieur d'une lenteur quasi-hypnotique, leurs avancées passent par des instants de contractions, de frôlements, et disposent sur scène une intrigante composition, dont les détails peuvent être contemplés comme de purs contours - signes filtrés par la lumière - ou comme un vénéneux bouquet de chair.
Coproduction : Association LOL, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis. L'Association LOL est soutenue par le ministère de la culture et de la communication, DRAC Ile-de-France, au titre de l'aide à la compagnie.
Remerciements aux Studios Micadanses.

 
Les temps tiraillés
Durée  : 60 min. Chorégraphie: Myriam Gourfink
Composition musicale : Georg Friedrich Haas pour basson, deux altos et électronique, commande de l’Ircam-Centre Pompidou
Musiciens : Pascal Gallois (basson), Garth Knox (alto), Geneviève Strosser (alto)
Danseuses : Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Déborah Lary, Julie Salgues, Cindy Van Acker, Véronique Weil
Réalisation informatique musicale Ircam : Robin Meier
Régisseur technique: Zakaryya Cammoun
Costumes : Kova
Vidéaste : Anne Delrieu

Co-production : Ircam-Centre Pompidou, Les spectacles vivants-Centre Pompidou, Centre national de la danse-Pantin (création en résidence), MC2 Grenoble, Association LOL
L'association LOL est soutenue par le Ministère de la culture et de la communication, DRAC IDF, au titre de l'aide à la compagnie.
     
Je m’oriente en ce moment vers des créations aux modes temporels multiples – des temps tiraillés –.
En effet, j’imagine une pièce dont la temporalité est double. D’une part une forme traditionnelle de spectacle; une représentation d'une heure environ. D'autre part la proposition d'une exposition pouvant – selon des possibles à imaginer avec les partenaires – s'inscrire à d'autres moments et dans d'autres lieux.
Durant chaque représentation, un vidéaste invité capte la danse. Cette vidéo est retransmise dans un autre lieu en temps réel et/ou en différé.La totalité des captations peuvent faire l’objet par la suite d’une exposition.
Chaque performance est une expérience unique pour les spectateurs comme pour les danseurs. La partition est ouverte, et s'affiche en temps réel via une interface que je pilote moi-même sur scène. L'idée est d'établir – entre le chorégraphe et les interpètes – un dialogue d'une nature différente chaque soir. La musique, bien que suivant un chemin autonome, est structurée en résonnance avec la partition chorégraphique.


Le corps ? Leurs corps ? En considérer les segments, les parties, en percevoir les grands systèmes - les organes, la graisse, les liquides etc. -. Oui, mais surtout en ressentir chaque cellule. Ainsi, ne plus danser peut-être, mais plutôt se composer, se décomposer, se former et se dé-former . Etre vibrant.
Une démangeaison se propage dans un réseau de cellules et vient imprégner l'air. Le corps est allégé par le souffle, qui est extrêmement effilé. Je ne ressens ni l'inspiration ni l'expiration, je goûte l'air qui semble s'infiltrer de façon continue comme un fil précieux par tous les pores de la peau. Alors je ne perçois plus vraiment les contours du corps, la perception se dissout dans l'air, chaque cellule s'y prolonge et s'y fond. Tout devient élastique, chaud et doux. Cette démangeaison « me vibre », me met en mouvement. C'est comme une succession de petites décharges électriques très plaisantes ! Je résonne dans l'air qui résonne dans mes chairs. Chaque résonance a sa trame dramatique que je décode et guide dans l'espace (ou dans les espaces : les lieux, les corps des autres, mes replis etc.). Pour cela je dois rester extrêmement ancrée, à l'écoute du moindre tressaillement cellulaire. Etre Vigilante. Avoir la capacité d'accepter et d'accompagner tous les sentiments et pulsions qui surgissent. Autrement dit traverser mon roman noir - qui a tué ? -.

Etre là ? Analyser ce que j'ai fait, ressentir ce que je fais et simultanément savoir vers quoi je tends, consciente des relations que je tisse avec les autres et de l'histoire sous-jacente qui se déroule à l'échelle du groupe. L'interprète doit être conscient de son espace intérieur autant que de l'espace extérieur, engagé dans sa relation à l'univers et aux autres, il est vivant - en prise avec les difficultés de l'opération - et en stase. Je souhaite que les corps soient mus par des questionnements ontologiques. Voeux pieux !
Pour cela j'aimerais éviter : 1) penser « être ensemble » en bâtissant les relations d'espace sur le couple amour/haine, sans se poser la question des lois qui pourraient régir nos rapports.
2) fonder « l'être là » uniquement sur un temps à vivre « maintenant, sur le moment », sans se poser la question de la projection dans le temps. En un mot, je ne voudrais pas construire le spectacle sur des illusions, et donc créer du spectaculaire, ni même en proposer la destruction comme échappée.
Afin de mettre en place un dispositif chorégraphique destiné à inviter l'interprète à « être là », je formalise depuis quelques années un système symbolique, une sorte de ré-encodage culturel, ouvert à tous les possibles, à tous les paramètres. Ce système qui évolue à chaque création, me permet d'écrire des partitions ouvertes, qui s'affichent et sont lues en temps réel par les danseurs.

L'univers chorégraphique s'organise selon plusieurs familles de signes :
1) les opérateurs de relations et leurs nuances: distances proches ou éloignées, contacts forts, légers, supports, adresses, parcours du groupe etc..
2) les opérateurs d'action: rotation, enroulement, flexion etc.
3) pour évaluer chaque mouvement corporel je propose un système fait de sphères et de cylindres, ces mesures s'effectuent dans des espaces ouverts, sans finitude.
4) les parties du corps, les systèmes (organes, os etc.)
5) les respirations, les focus (c'est-à-dire là où, et comment se concentre le mental).
6) le temps est signifié par l'organisation spatiale de la partition : son déroulement est chronologique ou plus ou moins disloqué, la durée des actions sont plus ou moins précisées etc.. Je laisse de côté le traitement rythmique du temps (accélérations, rupture, zapping) pour nous placer dans un temps d'écoute continu.

Pour la scénographie j'imagine un grand pan de tissu (ou de tulle) noir aussi large que l'ouverture de scène et placé en profondeur à environ quatre mètres du bord. Approximativement en son centre: une béance - pouvant changer de forme au fur et à mesure de l'avancement de la pièce -. Cette trouée est baignée d'une lumière extrêmement blanche, et laisse voir la danse qui s'étage à différents niveaux, les corps flottent dans l'espace vertical. Les coulisses de la pièce ne sont pas visibles, ainsi je pense être sur le plateau derrière le pan de tissu noir avec les interprètes.
Toujours de l'autre côté du décor, un dispositif fait d'écrans LCD et de projections vidéo permet d'afficher la partition chorégraphique. Celle-ci est écrite comme une arborescence complexe, ainsi les possibles réalisations sont multiples et changent d'une représentation à l'autre en fonction de l'interprétation des danseurs.
Etant sur le plateau, j'envisage mon rôle comme celui d'un capteur vivant. En fonction de mon appréhension de la pièce, j'en modifie le cours en respectant les règles pré-définies par la partition. L'idée est d'établir entre le chorégraphe et les danseurs un dialogue, dont le texte de référence est l'ensemble de la partition avec ses multiples possibles.

D'autre part, Les coulisses de chaque représentation font l'objet de captations vidéo destinées à :
1) Une projection en temps réel de la représentation qui est en train de se jouer. Ainsi ce qui se passe derrière le tissu noir est donné à voir dans une pièce attenante, ou dans d'autres lieux. Une projection en « live streaming » dans les lieux des différents partenaires et en ligne est également souhaitable. Cette projection peut aussi s'effectuer en temps différé (le lendemain et/ou à la fin de la représentation etc.).
D'ailleurs pour clôturer la fin d'une série de représentations, l'ensemble des captations pourraient être exposées dans une galerie d'art. 2) l'élaboration d'un film. Donc une trace de ce qui s'est passé de l'autre côté du décor durant le processus créatif et durant les représentations.

Ce dispositif basé sur la perte d'informations (personne ne pourra jamais voir simultanément ce qui se passe derrière et devant le pan de tissu noir) contribue à questionner le mode temporel habituel de la représentation. Comme dans les romans noirs, il faudra reconstituer le puzzle.

Myriam Gourfink.

Georg Friedrich Haas
Compositeur

Né à Graz, il étudie à la Musikhochshule de la même ville, le piano avec Doris Wolf, la composition avec Ivan Eröd et l'électroacoustique avec Gösta Neuwirth. Il obtient son diplôme de fin d'études supérieures en composant à Nien auprès de Friedrich Cerha. Il reçoit également de nombreux prix et bourses : le prix de la ville de Graz ainsi qu'une bourse de composition de l'Etat autrichien en 1977, le prix d'honneur du BMWF en 1979, une bourse du Festival de Salzbourg en 1992/93 et le prix Sandoz en 1992. En 1993, il reçoit une commande de la Caisse d'Epargne autrichienne.
Georg Friedrich Haas enseigne à la Musikhochshule de Graz depuis 1978 et y obtient en 1989 un poste de professeur pour le contrepoint, l'analyse et les techniques de composition contemporaines. Il enseigne aussi la théorie musicale au lycée spécialisé de Graz. Il participe à différents événements musicaux en Autriche (Festival Musikprotokoll en 1988, Bludenzer Tagezeitgemaster Musik en 1991, Lange Nacht der neuen Klânge en 1993 en tant que programmateur).
 
Corbeau
Solo créé en octobre 2007 au Centre national de la danse - Pantin
Solo avec Gwenaëlle Vauthier, danseuse de l'Opéra national de Paris
Chorégraphie : Myriam Gourfink, Musique : Kasper T. Toeplitz.


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Pour ce solo, j'invite d¹une part une danseuse classique virtuose, d¹autre part le compositeur KasperT.Toeplitz (http://www.sleazeart.com).

L¹idée est de baser la chorégraphie sur la capacité d¹élévation des jambes de l¹interprète, afin de rendre sensible un espace rarement exploitable avec les danseurs contemporains. Une danse jouant sur le déploiement d¹une extrême lenteur des quatre membres dans l¹espace, qui viennent sculpter celui-ci en empruntant des directions subtiles, créées par la projection du corps de la danseuse dans des espaces sphériques, admettant les 360° du cercle comme autant de possibles à aller ressentir. La plupart du temps, la danseuse est en appui sur un pied, l¹environnement dans lequel le reste de son corps est amené à se prolonger est l¹air. La charge poétique se trouve pour moi dans chaque atome d¹air qu ¹elle ira palper dans les sphères proposées. Ainsi j¹imagine ses membres comme les antennes de ses sens qui cherchent à appréhender l¹espace alentour.
L¹architecture des sphères, telle que je la conçois pour ce projet et l¹idée du prolongement du corps poussé à l¹extrême dans l¹air environnant, sont très reliés aux espaces musicaux que sculpte KTT, et y puisent même en partie leur source. Je suis subjuguée par ses ouragans musicaux et par l¹espace qu¹ils offrent à la danse : un espace périphérique dont les contours flous se délimitent en fonction de la portée du son. L¹histoire des empereurs chinois, qui décidaient de l¹envergure de leur palais, en fonction de l¹audibilité alentour d¹un son produit en un point central, est devenue mienne : à partir de l¹immatérialité de l¹espace créé par les vibrations sonores, son élasticité de l¹infime à l¹énorme, je construis les sphères « bulles » dans lesquelles les corps se prolongent. J¹imagine l¹espace musical de « Corbeau » comme un débordement d¹ondes sonores, un espace plein, immense, « gonflé à bloc » pendant trente minutes, dans lequel la danseuse pourra ciseler ses lignes. . Aussi faire appel au compositeur Kasper T. Toeplitz, m¹a paru une évidence.

Myriam Gourfink.

Co-production : LOL, Centre National de la Danse-Pantin (création en résidence).
Avec l¹aimable autorisation du Ballet de l¹Opéra national de Paris
LOL est soutenue par la DRAC île de France Ministère de la Culture et de la Communication.

 
Molecular black
Solo créé le 13 octobre 2006 au DTW-Dance Theater Workshop à New York
Chorégraphie et danse : Myriam Gourfink, Musique : Kasper T. Toeplitz
Durée : 40 minutes environ
   
L'impulsion de Molecular Black vient d'une commande d'une musique inédite que Le Louvre fit à Kasper T Toeplitz pour le film expressionniste de 1920 de Karl Heinz Martin, "Von Morgens Bis Mitternacht". Voulant éviter que la nouvelle composition ne soit strictement assujettie à la dramaturgie du film, il imagina une sorte de "prologue" de plus de 20 minutes: le long de l'écran noir - le noir chaotique des amorces des films muets - une lente danse, une unique traversée, dans la pénombre; la danse et sa chorégraphie ayant été réalisées par Myriam Gourfink. Molecular Black reprend l'idée de ce moment en l'extrapolant à une pièce autonome.La pellicule de celluloïd est remplacée par une création vidéo - de Keja Ho Kramer - des images de noir, flux de noir, une danse invisible. La musique est jouée en "live" - génération et synthèse en temps réel calculées par un ordinateur; une partition de 35 minutes. Un travail sur le bruit et le souffle - bruit noir, salissures - une lente ascension brisée . La danse reste linéaire - comme un bas relief le long de l' écran, légèrement en dessous, une seule traversée, lente, très lente, jouant de la vision du corps presque invisible et de son unique ombre, en périphérie du regard et du plateau.
Production LOL
 
This is my house
Créé en 2005 à Quimper dans le cadre de Mettre en Scène
Pièce pour 5 danseuses
Chorégraphie : Myriam Gourfink, Composition: Kasper T. Toeplitz
Durée : 1h40
   
Depuis quelques années mon travail est axé sur l'écriture même de la chorégraphie - écriture qui implique la création de signes spéciaux servant à composer la danse en amont des répétitions avec les danseurs - et sur l'intégration, dans cette écriture, de dispositifs (informatisés) de perturbation et re-génération de la composition pré- écrite en temps réel. Le but de cette recherche est d'inviter l'interprète à co-créer une partition ouverte. Pour « This is my house » les cinq danseuses pilotent par leur souffle et par de lents mouvements - grâce au système de captation développé par l'IRCAM - les processus de modification de la partition chorégraphique, qui s'affiche sur des écrans LCD placés en hauteur.
Ainsi la technologie - le dispositif informatique qui est au coeur des relations d'espaces et de temps - permet au fur et à mesure de l'avancement de la pièce, la structuration de situations, de contextes inédits que les danseurs interprètent. Nous n'en ferons pas, pendant le spectacle, une démonstration didactique - la visée étant une création artistique.

Co-production : LOL, Théâtre National de Bretagne/TNB, Rennes, Théâtre de Cornouaille, Quimper, Les Spectacles vivants -Centre Pompidou. Avec la participation du « Pôle Spectacle » de l’Ircam-Centre Pompidou soutenu par la DMDTS (Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles vivants) pour le développement du système de captation du mouvement : Emmanuel Fléty, Frédéric Bevilacqua, Nicolas Leroy, Rémy Muller.
Avec le soutien de l’ADAMI, du DICREAM, aide à la maquette, et du Centre National de la Danse, Pantin pour le prêt des studios. La compagnie est soutenue par la DRAC Ile de France, ministère de la Culture et de la Communication.
 
Contraindre
Créé en 2004 à Centre Pompidou
Pièce pour 2 danseuses
Chorégraphie : Myriam Gourfink, Live electronics et spatialisation - musique Kasper T. Toeplitz
Durée : 1h
   
Dans cette pièce, le public est intégré dans le dispositif de la partition chorégraphique, non pas en l’invitant à circuler librement, mais en lui assignant des espaces particuliers en résonance avec la division de l’espace de la partition chorégraphique, et par là même avec l’expérience kinésique des danseuses :le contraindre lui aussi à une posture, lui faire éprouver plus que lui montrer.
Elles sont deux. Elles sont éloignées l’une de l’autre. L'espace de leur danse est réduit à une sphère abstraite qui les enserre. Leurs corps, peau nue, sont entravés par des capteurs et des fils électriques, elles sont comme attachées, liées aux écrans qui les guident. Dans la toile du carcan qu’on leur tisse on les voudrait urgentes, dans l’épaisseur, perdues dans l’étreinte. On voudrait à l’intérieur que ça se lâche et simultanément que ça se rassemble « fleuve et puissant ». Chaque cellule, comme aimantée, plus de contour, de résistance, un grand courant déchire, dévaste, pousse plus loin... La musique sculpte l’espace, elle se fait parois pour leur corps sans enveloppe, murs d’un nouvel état d’être. Elles dansent.

Coproduction Association LOL, Centre National de la Danse, Les Spectacles Vivants-Centre Pompidou Paris, La Halle aux Grains, scène nationale de Blois, KunstenFESTIVALdesArts, Bruxelles, Drac Ile-de-France/Ministère de la Culture et de la communication/DMDTS. La compagnie LOL a été accueillie par la Ville de Paris en résidence de création à la Cité Internationale des Arts. Création musicale dans le cadre d’une Commande de l’Etat - Dicream, aide à la création - Ministère de la culture et de la communication.
 
L'Innommée
Créé en 2003 à Ménagerie de verre-Paris
Chorégraphiée et interprétation : Myriam Gourfink
Musique composée et jouée par Kasper T.Toeplitz
Durée : 45 minutes
     
Depuis quelques années, je m’intéresse à la Cinétographie Laban, qui est pour moi support de réflexion et d’inventions. Paradoxalement, la façon dont j’envisage la composition chorégraphique se trouve de plus en plus en contradiction avec les fondements même du métalangage proposé par Laban : la division de l’espace en 16, et l’axe de gravité comme référent notamment. Ma créativité se plairait-elle à remettre en cause les bases d’un système ancré, il me semble, dans une vision traditionnelle - que l’on pourrait même qualifier aujourd’hui de classique - du mouvement dansé (la croix, le haut, le bas) ?
Aussi dernièrement j’ai orienté mes recherches vers l’invention d’un langage souple, qui me permet de découper l’espace selon des choix personnels, et chaque fois différemment. Une écriture dont les signes de bases se modulent et se transforment à l’infini. Cette élasticité devrait me permettre de générer, grâce à l’utilisation de processus de modification, des partitions chorégraphiques en temps réel.
L’aboutissement serait de prendre en compte dans le dispositif chorégraphique l’interprétation du danseur, celle-ci venant perturber la génération de ladite partition.
L’Innommée est pour moi l’occasion de donner corps à la première étape de cette nouvelle recherche. Cette première pièce est faite de réflexions et de papier, sans moyen technique. L’image poétique qui la soutient est celle d’un goulet d’étranglement. Aussi la partition contraint l’espace de la danseuse : celle-ci n’est invitée ni à se coucher, ni à se lever, ni à avancer. Elle doit reculer (elle n’a pas d’espace avant) sans jamais passer ni sur le plan horizontal (le bas), ni sur le plan vertical (le haut).
Chaque médium, (la danse, la musique, les lumières), agit dans un espace (il y a trois couloirs) qui lui est propre, en ignorant totalement l’existence des deux autres. Il n’y a pas de connexion prédéterminée, ils sont reliés uniquement par l’espace et le temps de la représentation.

Myriam Gourfink

Production LOL

 
Marine
Solo créé en 2001 ave Cindy Van Acker à l'ADC-Genève
Chorégraphie : Myriam Gourfink, Musique composée et jouée par : Kasper T. Toeplitz
Durée : 30 min
     
Projet de résonances entre interprète et chorégraphe, Marine repose sur un principe simple mais audacieux. La danseuse élit sa chorégraphe, lui commande un solo plein d'échanges sensoriels, organisant respiration, tensions physiques, émotionnelles et appuis. Pour ce travail d'épure plastique et élastique du mouvement mené millimètre par millimètre au cour d'une hallucinante lenteur, le corps de la métamorphose des formes est celui de Cindy Van Acker. Elle choisit de s'immerger dans l'univers du micro-mouvement si caractéristique de la chorégraphe française Myriam Gourfink. D'une « médusante » beauté, l'influx circule, vibre sous l'imprégnation d'une musique subsonique, passant d'un membre à l'autre, ouvrant littéralement l'espace. Myriam Gourfink privilégie le souffle, les mouvements internes du tronc, alors que toute l'énergie et la tension corporelle et spatiale semblent se catalyser sur les extrémités du corps, comme parfois pour le yoga. Dans ses propres chorégraphies, Cindy Van Acker travaille la limite sans cesse déplacée entre la mobilité et l'immobilité. Et interroge l'identité même d'une production chorégraphique face à la permanence du « c'est de la danse, il faut donc que ça bouge ».

Production : La Bâtie, Festival de Genève, LOL

 
Une lente mastication
Chorégraphie Myriam Gourfink
Musique Kasper T.Tœplitz
Danseurs : Clément Aubert, Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Kevin Jean, Déborah Lary, Julie Salgues, Françoise Rognerud, Nina Santes, Véronique Weil.
Régie technique: Zakariyya Cammoun
Lumières : Séverine Rième


   
Coproduction (en cours) Théâtre de Gennevilliers, centre dramatique national de création contemporaine, Association LOLDANSE.
Avec le soutien de la Ménagerie de Verre dans le cadre des studiolab. L'Association LOLDANSE est soutenue par le ministère de la culture et de la communication, DRAC Ile-de-France, au titre de l'aide à la compagnie.

Création prévue à Gennevilliers
[3, 4, 6, 8 fév 2012 à 20h30] [2, 9 fév à 19h30] [5 fév à 15h]

Exploratrice du moléculaire, Myriam Gourfink réfléchit au mouvement qui précède les gestes, à la circulation de l'énergie et la grammaire qui la fonde. Le temps se diffracte et impose la scansion d'une nouvelle dimension physique et esthétique.

Et c'est cette sinuosité même qui ouvre à de nouveaux protocoles, à cette enquête presque scientifique du vivant, en tout cas dont l'exigence irrigue la scène de cette précision moléculaire. Ainsi de la nouvelle pièce de Myriam Gourfink, continuité d'un travail entamé il y a quinze ans, quelque chose revenu aux racines du mouvement mais plus encore, peut-être, à la chimie de ce mouvement. Depuis longtemps la chorégraphe a trouvé dans le yoga la grammaire de sa recherche : le souffle, la concentration, la sensation, qui serviront à l'écriture de la danse, mais aussi à sa mastication-digestion par les danseurs. Aussi ce qu'on perçoit, nous spectateurs, c'est ce même circuit nanométrique qui mène de l'énergie la plus vitale à la formation du geste. De là que ce n'est pas tant la lenteur qui caractérise les pièces de Myriam Gourfink que la diffraction même du temps, comme un saut quantique qui ouvrirait aux secrets de la matière. En quelque sorte, il se passe quelque chose d'énorme à l'intérieur des corps, et c'est cela, ce mouvement sismique qui soudain se montre dans les variations écrites de la danse, très écrites même, et comme rendues plus visibles encore par la musique de Kasper Tœplitz – non, pas la musique: la matière sonore, organique elle aussi, nappes flottantes qui augmentent à leur tour la folie exploratoire de la sensualité jusqu'à, donc, la saveur de la mastication. Après tout, de quoi relèverait l'intensité d'un art vivant, a fortiori d'un art «corporel», si ce n'était de cette attention démultipliée à l'épaisseur de nos sens, à la capacité surtout qu'ils ont de recevoir et traduire ce «quelque chose » qu'à toutes forces nous essayons de partager: une expérience de nous? (Tanguy Viel)

 
Bestiole
Création d'une musique pour lumières: Kasper Toeplitz
Création lumière : Séverine Rième
Danse : Clémence Coconnier, Cécile Debyser, Carole Garriga, Déborah Lary, Françoise Rognerud, Julie Salgues, Véronique Weil
Régie technique : Zakariyya Cammoun
Costumes : studio B3


   
Pour Bestiole je serai installée sur le plateau afin d'écrire et envoyer en temps réel des partitions chorégraphiques sur des écrans suspendus. Pour cela j'ai pré-déterminé d'une part des ensembles de « sous-actions » qui sont des éléments qui viennent stimuler le travail articulaire pour donner aux danseuses volume, fluidité et force d'expression ; et d'autres part des ensembles d'actions qui viennent construire une architecture en mouvement. En temps réel je puise un certains nombres d'éléments dans ces ensembles pour composer la danse en fonction de mes observations et de ce que je ressens sur le vif. J'espère ainsi amener les interprètes dans des univers étranges aux bords des mondes humain, animal, végétal, ou minéral. L'architecture globale procède de l'écosystème.

Le public est invité dans un rapport de proximité à ressentir l'évolution des créatures. Kasper T.Toeplitz compose une musique quasi silencieuse pour un dispositif lumière, alors que Séverine Rième éclaire les bestioles !

Pour l'instant sont partenaires du projet le CECN de Mons et l'Espace Pasolini à Valenciennes.
L'association LOLdanse est soutenue par le Ministère de la culture et de la communication, DRAC IDF, au titre de l'aide à la compagnie Prêt de studio : Centre national de la danse-Pantin

 
2011 Inoculate?
2011 The monster which never breathes
2010 Choisir le moment de la morsure
2009 Les temps tiraillés
2007 Corbeau
2006 Molecular Black
2005 This is my house
2004 Contraindre
2003 L'innommée
2002 Rare
2001 Marine
2001 L'écarlate
2000 Too generate
1999 Glossolalie / Taire
1999 Überengelheit
1998 Waw

 
Myriam Gourfink
Danseuse - Chorégraphe

Les techniques respiratoires du yoga fondent la démarche de Myriam Gourfink. L'idée est de rechercher la nécessité intérieure qui mène au mouvement. Guidée par le souffle, l'organisation des appuis est extrêmement précise, la conscience de l'espace ténue. La danse se fait lente, épaisse, dans un temps continu. Cette connaissance du mouvement et de l'espace permet de concevoir des chorégraphies sans phase d'exploration en atelier. Grâce à ce qu'elle subodore d'une situation dansée, nul besoin de se mouvoir pour ressentir la danse : Les sens et l'intellect la reconstituent sans avoir besoin de l'action. Ainsi, comme les musiciens, elle a développé une écriture symbolique pour composer l'univers géométrique et l'évolution poétique de la danse.

Ayant étudié la Labanotation avec Jacqueline Challet Haas, elle a entrepris à partir de ce système une recherche pour formaliser son propre langage de composition. Chaque chorégraphie invite l'interprète à être conscient de ses actes et de ce qui le traverse. Les partitions activent sa participation : il fait des choix, effectue des opérations, fait face à l'inattendu de l'écriture, à laquelle il répond instantanément.
Pour certains projets, les partitions intègrent au sein de l'écriture, des dispositifs (informatisés) de perturbation et re-génération en temps réel, de la composition pré-écrite : le programme gère l'ensemble de la partition et génère des millions de possibilités de déroulements. Les interprètes pilotent – via des systèmes de captation– les processus de modification de la partition chorégraphique, qu'ils lisent sur des écrans LCD. Le dispositif informatique est ainsi au cœur des relations d'espace et de temps. Il permet, au fur et à mesure de l'avancement de la pièce, la structuration de contextes inédits.

Figure de proue de la recherche chorégraphique en France, mais également invitée par de nombreux festivals internationaux (Springdance à NYC, Künsten festival des arts à Bruxelles, Festival de La Bâtie à Genève, Festival Danças Na Cidade à Lisbonne,…) Myriam Gourfink a été artiste en résidence à l'IRCAM en 2004-2005 et au Fresnoy-studio national des arts contemporains en 2005-2006. Elle est depuis janvier 2008 directrice du Programme de recherche et de composition chorégraphiques (PRCC) à la Fondation Royaumont.

 
> http://www.myriam-gourfink.com/Press/Press.htm

Choisir le moment de la morsure
L'Humanité
Mouvement.net

Les Temps tiraillées
Danser
Ballet Magazine

Contraindre

Gérard Mayen / MOUVEMENT.NET Publié le 24-02-2004
Myriam GOURFINK Un différé critique

Une fois de plus avec Contraindre, le projet choréo-technographique de Myriam Gourfink semble s'adresser à des sensibilités d'un temps autre Si la visée critique se bornait à constater ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas, alors il serait assez vite dit qu'on aime, énormément même, le spectacle du mouvement déployé par les danseuses Carole Garriga et Cindy Van Acker dans Contraindre, nouvelle pièce signée par Myriam Gourfink.
Il faut ne rien percevoir du corps pour rester insensible au pouvoir de fascination de ces soixante minutes qui défient toutes les notions communes du temps, en déployant une gestuelle retenue à l'extrême d'un tempo absolument constant. Jamais la moindre accentuation n'y vient ravir ou détourner l'apparence infinie d'une lente circulation des masses coulant alternativement sur les appuis extrêmes des membres, depuis une position proche du sol, jusqu'à la posture érigée puis retour au niveau bas, sans la plus infime rupture apparente. Hormis l'exploit technique, indéniable, il s'y ressent, avec une acuité inouïe, le paradoxe de la suspension tendue en équilibre le plus fragile, sur une acceptation du poids la plus consentie.
C'est un vertige de l'interface à l'espace, d'où s'aperçoit la brèche d'un mouvement statique à inventer.
Il suffit de lire Myriam Gourfink pour embrasser la radicalité de cette perspective: «Pour moi la danse doit être vécue dans la profondeur des corps, ce que l'on montre n'a aucune importance. A mon sens, un danseur devrait plus se soucier du corps qu'il est que du corps qu'il a, car la danse est sans forme, elle est au-delà des contours du corps, elle est juste là, tendue, comme une ligne entre deux points». Ce que l'on montre n'a aucune importance... La danse est sans forme... Et dans ces cas, le regard du spectateur se trouvant problématisé plus que jamais, la visée critique se situe au-delà du voir... Elle débouche sur l'aveu, infiniment humble, d'une... perplexité.
La pièce Contraindre contraint à repenser la limite du temps de perception lui- même. Jusqu'où celui-ci remonte-t-il en amont, dans la connaissance qu'on peut avoir, la compréhension qu'on peut travailler, des dispositifs technographiques obstinément expérimentés par la chorégraphe? Soit un renversement du principe partitionnel en danse, qui consiste, non plus à seulement noter celle-ci après coup, une fois qu'elle s'est écrite dans le concret physique du plateau, mais bien à la préfigurer ainsi qu'un compositeur de musique le fait avec le son. Et cela, non pour affirmer un pouvoir plus absolu encore du chorégraphe sur l'interprète, mais tout à l'inverse pour ouvrir à celui-ci l'opportunité d'un déplacement radical: c'est tout autre chose de former du geste sur une écriture consignée, que sous la conduite effective d'un auteur physiquement et psychologiquement présent. D'autant plus que les recherches très sophistiquées de Myriam Gourfink et de son équipe débouchent sur des segments de partitions, dont les prolongements sont déterminées, entre de multiples variables virtuelles, par le mouvement même de la danseuse, saisi par capteurs. Elle découvre cette partition pré-conçue et pourtant constamment inédite, dont elle est en partie l'auteur, sur des écrans couchés autour d'elle au sol, où elle lit l'écriture de cette composition instantanée assistée par ordinateur.
Et les questions commencent. La qualité de mouvement qui s'observe dans Contraindre tient-elle à un choix de Myriam Gourfink, qui tout aussi bien pourrait ignorer les recours technologiques? Ou bien sont-ce principalement ces recours qui déterminent cette qualité? Dans cette seconde hypothèse, la constance exceptionnelle de cette qualité, pièce après pièce, ne pourrait-elle être perçue, à la longue, comme la marque d'un enfermement plutôt que d'une ouverture qu'induirait le dispositif technologique? Mais cette contrainte ne constituerait-elle pas un formidable principe chorégraphique? Et là, on ne parle pas de la disposition très particulière des spectateurs, en nombre très restreint, sur deux rangées coupant le centre de l'espace scénique, une danseuse évoluant de chaque côté, dans une gémellité confondante de la présence-absence. Sans oublier, encore, l'extraordinaire travail musical, de captation, torsion et spatialisation des ondes par Kasper T. Toeplitz et Laurent Dailleau au thérémin...
Etc.
Révélant des implications à l'infini, ouvrant des horizons qui s'échappent un peu plus loin chaque fois qu'on s'en approche, mais se présentant pourtant dans une relation de grande fixité et proximité, l'entreprise de Myriam Gourfink semble se situer dans un ailleurs-- vraisemblablement un état avancé, espère-t-on-- destiné à ne rencontrer qu'en un temps futur éventuel, des formes de sensibilité encore en gestation. Elle suggère un différé critique. Un à-coté lointain. Une précieuse rareté. Une grande prudence.

Marine
Journal de l'ADC n° 25, par Hélène Mariéthoz / Septembre
Il était huit fois
(...) « Par sa technique et sa rigueur, par l'adéquation parfaite de la chorégraphie et de l'interprétation, MARINE est à mon sens l'un des travaux les plus aboutis de Huit/8. »

 
Souterrain (création 2014)
- Les 22 et 23 mai 2014, Forum du Blanc Mesnil, dans le cadre des Rencontres Internationales de Seine-Saint-Denis

Aranéide
(création 2013) Solo pour une trapéziste
- Du 22 au 26 juillet 2014, Le Carreau du Temple, dans le cadre de Paris Quartier d'Eté

Myriam Gourfink/association Loldanse est en résidence au Forum/scène conventionnée de Blanc Mesnil avec le soutien du Département de la Seine-Saint-Denis.

www.crisalidefestival.eu
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